L’industrie automobile s’éloigne des moteurs de grosse cylindrée, et le Jeep Grand Cherokee L 2026 est un excellent exemple de cette transition. L’ère du V8 de 5,7 litres est officiellement révolue pour ce SUV à trois rangées. À sa place, Jeep a introduit un moteur quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres, surnommé « Hurricane ». Bien que le nom suggère la puissance du nouveau six cylindres en ligne de Jeep, ce moteur plus petit vise à offrir des performances comparables avec une efficacité nettement meilleure.
Le nouveau moteur produit 324 chevaux et 332 livres-pieds de couple, des chiffres qui surpassent le V6 Pentastar de 3,6 litres sortant (293 ch). Sur le papier, cette mise à niveau apparaît comme une nette victoire en matière d’énergie et de responsabilité environnementale. Cependant, la conduite réelle révèle une image plus complexe, où la puissance brute rencontre le décalage de transmission et le bruit de l’habitacle.
Puissance/poids : un combo étonnamment performant
Le Grand Cherokee L est un véhicule imposant. L’ajout d’une troisième rangée de sièges et d’une carrosserie allongée ajoute près de 300 livres au poids à vide par rapport à la version à deux rangées. Pour les familles transportant régulièrement six ou sept passagers, la principale préoccupation est de savoir si le moteur plus petit peut supporter la charge supplémentaire sans se sentir fatigué.
En pratique, la réponse est un oui catégorique. Le Hurricane de 2,0 litres offre une accélération suffisante en cas de besoin. Il se comporte avec autorité lors des fusions d’autoroutes et des manœuvres de dépassement sur les routes à deux voies. La courbe de couple du moteur lui permet de « s’écarter de sa propre voie » lorsque le conducteur demande une puissance immédiate, prouvant que la cylindrée n’est plus le seul indicateur de capacité.
Le problème de la transmission et du raffinement
Bien que le moteur lui-même soit puissant, la transmission automatique à huit rapports retient le groupe motopropulseur. L’expérience de conduite est gâchée par plusieurs problèmes qui nuisent aux aspirations haut de gamme du véhicule :
- Changements saccadés : À basse vitesse, la transmission exécute occasionnellement des changements de rapport brusques, perturbant la douceur de croisière.
- ** Rétrogradations lentes :** La boîte de vitesses manque d’empressement lors des rétrogradations, ce qui exagère la sensation de turbo lag. Cela peut donner l’impression que le SUV est « pris au dépourvu » lors d’accélérations agressives.
- Bruit et vibrations dans l’habitacle : Le moteur à quatre cylindres produit des sons grossiers et bourdonnants et des vibrations grossières qui se répercutent dans l’habitacle. Ce profil auditif entre en conflit avec le design intérieur luxueux, créant une déconnexion entre l’attrait visuel du véhicule et son caractère mécanique.
Gains d’efficacité et polyvalence hors route
Malgré les problèmes de raffinement, le passage à un moteur à quatre cylindres offre des avantages tangibles en termes d’économie de carburant. Les cotes de l’EPA montrent une amélioration de 1 à 2 mpg par rapport au V-6, même si le nouveau moteur produit plus de puissance.
Par rapport à l’ancien V8, la différence est flagrante :
* Quatre cylindres de 2,0 L : 22 à 23 mpg en cycle combiné
* V8 Hemi de 5,7 L : 17 mpg en cycle combiné
Ces chiffres d’efficacité sont particulièrement impressionnants compte tenu des solides capacités tout-terrain du Grand Cherokee L. Il offre des fonctionnalités comme une suspension pneumatique réglable en hauteur, une rareté parmi les SUV à trois rangées grand public. Cette combinaison d’efficacité et d’utilité positionne le Grand Cherokee L comme une option polyvalente pour les acheteurs qui ont besoin d’espace mais refusent de sacrifier la préparation hors route.
Positionnement sur un marché encombré
Le Grand Cherokee L 2026 occupe un juste milieu intéressant sur le marché des SUV. Les versions inférieures commencent dans la fourchette 40 000 $ à 50 000 $, concurrençant directement les concurrents du marché de masse comme le Honda Pilot, le Toyota Highlander et le Chevrolet Traverse. Cependant, les versions supérieures pénètrent dans le segment du luxe.
Notre véhicule d’essai, la version Summit haut de gamme, a commencé à un peu moins de 65 000 $ et s’est terminé avec un prix autocollant de 73 175 $ après l’ajout d’options comme un système de divertissement aux places arrière et une assistance à la conduite mains libres. L’intérieur est indéniablement beau, avec un cuir de haute qualité et un habitacle riche en fonctionnalités qui justifie le prix élevé. Le design extérieur, souvent comparé au Range Rover britannique, reste un argument de vente fort.
Pourtant, le caractère du moteur quatre cylindres se sent plus à l’aise dans un Chevy Traverse que dans un BMW X5. Cette inadéquation mécanique limite la capacité de la Jeep à pleinement rivaliser dans le segment des SUV de luxe qu’elle cible clairement. Bien qu’il offre la robustesse américaine et des éléments de style européens, l’expérience de conduite n’a pas le raffinement attendu à ce niveau de prix.
Conclusion : Le Jeep Grand Cherokee L 2026 remplace avec succès un V8 assoiffé par un quatre cylindres plus efficace et plus puissant, mais les gains en économie de carburant se font au détriment de la douceur de la transmission et du raffinement de l’habitacle. Il reste un SUV à trois rangées élégant et performant, mais son entrée dans le segment du luxe est entravée par un moteur qui ne semble pas à sa place dans un ensemble aussi haut de gamme.


















